Attention ! Nids de tortues

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Une tortue en train de pondre. (Photo : Conservation des ressources)
Yves Bélanger - Journal Servir

Chaque fin de printemps, les tortues serpentines, une espèce en déclin qui se retrouve sur les terrains du site de Farnham, utilisent les différents sentiers pour y faire leurs nids et y pondre leurs œufs. Grâce au service de Conservation des ressources, la majorité des oeufs de ce territoire sont protégés de l’activité humaine et, dans certains cas, des prédateurs à la recherche de ce type de nourriture.

Éric Charbonneau, officier environnement à la Garnison Saint-Jean, explique que la tortue serpentine est au nombre des espèces préoccupantes selon la Loi sur les espèces en péril. « Les prédateurs flairent plus de 90 % des nids et mangent les œufs avant qu’ils ne viennent à éclosion. »

La tortue serpentine peut pondre jusqu’à 100 œufs à la fois. Une fois la ponte terminée, elle enterre le nid et l’abandonne pour retourner dans son milieu aquatique. Il faut compter entre 65 et 95 jours pour que la chaleur du soleil permette aux œufs de se rendre à maturité. Les bébés tortues, pas plus gros qu’une pièce de 1 $, tenteront également de rejoindre l’eau tout en évitant les hérons et les corneilles qui cherchent à se nourrir.

Depuis quelques années, chaque fois qu’un nid est repéré sur le site de Farnham, le personnel du service des Champs de tir et des Secteurs d’entraînement (CTSE) et du Détachement Saint-Jean de l’Unité des opérations immobilières (Québec), tentent de les protéger le mieux possible en déposant une cage de protection sur chacun d’eux. « Ces cages permettent aux humains d’éviter de rouler ou de marcher sur les nids. Lorsqu’elles sont fixées au sol, elles protègent également les œufs des prédateurs tels que les renards, les moufettes et les ratons laveurs. »

Éric Charbonneau poursuit en indiquant que le soutien du personnel du service des CTSE et de la section Routes et Terrains du Détachement Saint-Jean de l’Unité des opérations immobilières (Québec), permet chaque année de protéger plusieurs nids. « Depuis plusieurs années, ces organisations s’impliquent grandement en identifiant les nids lors de la ponte des tortues au printemps. Ils installent par la suite des cages pour les protéger. L’implication de cette équipe est d’une grande aide dont nous ne pourrions nous passer et nous leur en sommes très reconnaissants. »

La tortue serpentine

La tortue serpentine est aquatique et passe le plus clair de son temps sous la surface d'une pièce d'eau permanente, qu'il s'agisse d'une mare, d'un lac, ou d'un cours d'eau. La carapace de ce reptile peut atteindre entre 20 cm et 49 cm à l’âge adulte. Cette tortue se montre peu et peut devenir féroce quand elle se sent menacée. Avec sa mâchoire coupante comme un rasoir, elle peut infliger d’importantes blessures.

Les jeunes tortues serpentines grandissent à un rythme de 15 à 20 mm de longueur de carapace par année et ce, jusqu’à l’âge de 11 à 13 ans. Par la suite, son taux de croissance baisse de 40 %. Ce n’est qu’une fois adultes, vers l’âge de 17 à 19, ans que les tortues serpentines commencent à pondre. Sur le site de Farnham, qui est très boisé, les tortues pondent généralement sur les chemins de gravelle puisque ces endroits sont presque les seuls à être exposés en plein soleil. « Les œufs ont besoin de la chaleur du soleil pour se rendre à maturité », explique Éric Charbonneau.

L’officier en environnement termine en soutenant que la tortue serpentine est encore mal connue et incomprise. Selon lui, elle mérite un plus grand respect. « Il ne faut pas oublier que celle-ci est essentielle puisqu’elle débarrasse nos cours d’eau des résidus de poissons morts et d’autres charognes et qu’elle contribue ainsi à garder nos rivières et autres points d’eau propres. »



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