Alcool au volant : une négligence qui peut avoir de lourdes conséquences

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Yves Bélanger - Servir

Tout le monde sait maintenant que l’alcool au volant, c’est criminel. Ce que plusieurs ignorent toutefois, c’est qu’être arrêté pour conduite avec facultés affaiblies peut engendrer des frais allant jusqu’à 10 000 $ et des problèmes importants dans l’exercice de nos fonctions au travail.

Le caporal Marilyn Côté, patrouilleur au 5e Régiment de la police militaire à Valcartier, explique que dès la première infraction pour conduite avec facultés affaiblies, le conducteur perdra son permis pour un minimum de 90 jours. S’il est reconnu coupable, il devra défrayer des frais d’environ 1 750 $. « C’est sans compter les frais d’avocats et du greffe. De plus, la personne aura son permis suspendu pour un an et aura un casier judiciaire. »

Si le taux d’alcool dépasse 0,16 mg, soit le double de celui permis par la loi, le véhicule sera aussitôt saisi. Si le conducteur est reconnu coupable, il perdra son permis de conduire pour trois ans et devra, pendant les deux autres années, munir son véhicule d’un antidémarreur éthylométrique. Ce dispositif empêche le démarrage lorsqu’il détecte la présence d’alcool dans l’organisme du conducteur. « L’installation coûte 1 300 $ et les frais de location sont de 100 $ par mois. »

Bien entendu, les coûts et modalités sont plus importants lors de récidives. « Après une troisième offense, le permis de conduite est suspendu à vie », ajoute le Cpl Côté.

Et si l’idée de refuser de souffler dans l’éthylomètre vous prenait si vous vous faites arrêter ? « C’est la pire chose à faire. Quand une personne refuse de coopérer, il s’ensuit une arrestation immédiate et le conducteur est aussitôt accusé de conduite avec un taux d’alcool de plus de 0,16 mg. »

Perte du DND 404

Tant pour le personnel civil que militaire, la perte du permis de conduire civil entraîne automatiquement la perte du permis de conduire DND 404 du ministère de la Défense nationale (MDN). « Il deviendra donc impossible pour le titulaire de conduire un véhicule du MDN, ce qui peut causer de sérieux problèmes selon les fonctions que la personne occupe », explique Yannick Laberge, officier en sécurité routière au service de Conservation des ressources du Groupe de soutien de la 2e Division du Canada. « De plus, cette information sera conservée au dossier du conducteur afin de pouvoir s’y référer en cas de récidive. »

Une accusation de conduite avec facultés affaiblies peut aussi mener à des mesures disciplinaires. Dans le cas des militaires, elles seront déterminées par la chaîne de commandement du membre et s’il s’agit plutôt d’un employé civil, l’employeur se référera aux clauses prévues dans la convention collective ou les politiques en matière de ressources humaines.

À savoir également : le permis de conduire militaire ne sera pas réactivé automatiquement lorsque ce sera le cas pour le permis civil. « Le dossier du fautif sera étudié de près et une décision sera prise en considérant le taux de récidive. Il faut que les employés du ministère de la Défense nationale comprennent que le permis de conduire militaire n’est pas un droit, mais un privilège », conclut M. Laberge.

Amusez-vous intelligemment !

Le caporal Côté et Yannick Laberge s’entendent pour dire que la période des Fêtes est toujours un moment critique où l’alcool coule à flots et où les opportunités de boire sont nombreuses. L’idée n’est pas de rester sobre à tout prix, mais de consommer intelligemment.  « On doit penser à d’autres alternatives pour se déplacer sur la route », rappelle M. Laberge en faisant allusion à prendre un taxi, utiliser les services tels Opération Nez Rouge (qui possède maintenant une application mobile), se faire conduire, coucher sur place, ou prévoir un conducteur désigné.  « Il n’y a pas de risque à prendre. Les conséquences sont trop importantes. »

De son côté, le Cpl Côté indique que jusqu’au début janvier, de nombreux barrages routiers seront tenus sur les garnisons et autres sites militaires. « C’est sans compter ceux qui seront également mis sur pied sur les différentes routes par les policiers municipaux et provinciaux », conclut-elle.

 

 

 

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