Pour éviter le geste ultime : apprendre à entendre la détresse de nos proches

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Le padre (capitaine) Dany Perreault et Audrey Gallant, travailleuse sociale, officier de liaison avec les familles pour le Centre de ressources pour les familles des militaires et le Centre intégré de soutien au personnel.

Yves Bélanger - Servir

Trop souvent, lorsqu’on est confronté à la détresse d’un collègue de travail, d’un ami ou d’un membre de la famille, on se sent démuni. On ne sait pas quoi faire, quoi dire et il peut être difficile d’entendre parler de désespoir. Bien qu’il n’existe pas de recette miracle pour aider les personnes susceptibles de poser le geste ultime du suicide, les intervenants s’entendent pour dire que la meilleure des préventions est l’écoute active et chaleureuse.

Le padre (capitaine) Dany Perreault est visiblement à l’aise d’aborder la problématique du suicide. Il a lui-même été confronté à cette détresse à l’âge de 13 ans, alors qu’il a dû intervenir rapidement auprès d’une proche qui a tenté de s’enlever la vie. Heureusement, le pire a été évité. Aujourd’hui, son travail à l’aumônerie l’amène régulièrement à intervenir auprès de militaires en détresse psychologique.

Pour lui, il est essentiel que les gens arrêtent de craindre d’entrer en contact avec des personnes en crise suicidaire. « Beaucoup de gens pensent qu’ils n’ont pas les capacités pour aider ceux qui sont en détresse psychologique. C’est faux, juste un sourire chaleureux ou une question posée à la personne peut faire la différence. Chaque main tendue offre à ces personnes la possibilité d’entrevoir un autre choix que celui de la mort », soutient-il.

Il explique que les symptômes d’une personne en détresse sont assez faciles à détecter. Le premier d’entre eux est le changement de comportement abrupt. « Quand on est témoin de cela on peut dire à la personne qu’on a remarqué qu’elle ne semble pas aller très bien. Si elle ne veut pas en parler, on peut lui dire qu’on est là pour elle en cas de besoin. »

Audrey Gallant, travailleuse sociale, officier de liaison avec les familles pour le Centre de ressources pour les familles des militaires (CRFM) et le Centre intégré de soutien au personnel (CISP), renchérit en indiquant qu’il est important que la personne qui a des pensées suicidaires sente que les gens qui l’entourent se soucient d’elle. « Ces personnes sont dans un état dépressif qui affecte leur raisonnement. Elles pensent souvent qu’elles ne comptent plus pour personne. C’est pour ça qu’un mot ou un geste peut faire la différence. »

Le padre Perreault poursuit en indiquant que les gens ne doivent pas appréhender d’affronter la personne en détresse en lui demandant carrément si elle pense au suicide. « Plusieurs craignent d’aborder le sujet, car ils ne veulent surtout pas mettre cette idée en tête de la personne. Mais, au contraire, le fait de poser la question permet d’évaluer l’état de la situation et même de désamorcer une crise. »

Faire appel à des spécialistes

Les deux intervenants s’entendent pour dire qu’il est essentiel de référer la personne en crise suicidaire à des spécialistes. « Des fois, ces gens ne sont pas capables de téléphoner eux-mêmes pour demander de l’aide. Composer le numéro pour eux est un geste anodin qui peut emmener la personne à aller chercher l’aide dont elle a besoin. Les intervenants dans les centres de prévention du suicide sont outillés pour travailler avec les personnes en détresse. Il ne faut pas hésiter à les contacter », explique Mme Gallant.

 

 

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