Toujours la même détermination, mais un nouveau combat…

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Le caporal Jonathan Primeau au parc, en face de l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal, le 30 mai 2018. (Photo: David Castonguay, aumônier civil)

Padre David Castonguay, Aumônier civil, Groupe de soutien de la 2e Division du Canada

Le 17 janvier 2018 dernier, non seulement les plans de carrière du caporal Jonathan Primeau ont été complètement chamboulés, mais sa vie entière a été virée à l’envers…

Il y a à peine 5 mois, Jonathan travaillait à contrat pour la Réserve, en tant que fantassin au 6e Bataillon, Royal 22e Régiment (6 R22R), à Saint-Hyacinthe. Il courrait et il faisait de la musculation, à peu près cinq jours par semaine. Tout semblait aller pour le mieux, mais du jour au lendemain, ou presque, il s’est retrouvé à ne plus pouvoir courir, ni même marcher. Au départ, il a été hospitalisé à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont pour ce qu’on croyait être seulement une commotion cérébrale sévère. Les médecins se sont toutefois vite rendu compte que quelque chose d’autre clochait. Après plusieurs tests, ils ont découvert que Jonathan était atteint d’une rare maladie qu’on appelle myosite granulomateuse.

Qu’est-ce que ça mange en hiver ?

La myosite granulomateuse aurait une composante auto-immune. Ce que ça veut dire, c’est que les mécanismes immunologiques du corps de Jonathan sont déréglés et, au lieu de le protéger contre les infections et les corps étrangers comme ils le devraient, ces mécanismes s’attaquent aux tissus de son organisme*.

Il y a à peine quelques mois, le Cpl Primeau était loin de pouvoir s’imaginer que l’ennemi no.1 qu’il aurait à combattre serait la maladie, mais il semble que son parcours l’a tout de même préparé à y faire face. En effet, pendant plusieurs années, il s’est entraîné ; premièrement au Corps des cadets no.1 de Saint-Hyacinthe et ensuite au sein de son unité de la Réserve. Son but était de devenir le meilleur soldat possible, d’apprendre à faire face à toute éventualité. Depuis que le diagnostic est tombé, il a vécu des hauts et des bas, mais il continue de lutter avec la même détermination et le même courage qui l’ont mené à s’enrôler dans l’infanterie en 2016.

Un modèle de résilience

Selon Éric Greitens, un Navy Seal retraité et l’auteur du livre Resilience : Hard-Won Wisdom for Living a Better Life paru chez Houghton Mifflin Harcourt en 2015 : « Nous ne grandissons pas en courage ou en sagesse ou résilience en pensant seul. Nous grandissons dans ces vertus en observant comment elles sont incarnées dans des personnes courageuses, sages, résilientes, faites de chair et d’os et en les imitant. » Le Cpl Primeau a seulement 21 ans, mais il ne fait aucun doute qu’il représente une de ces personnes que décrit Greitens. En effet, son exemple est une source d’inspiration incroyable pour quiconque puisque, un jour ou l’autre, nous vivrons tous des épreuves, peu importe la nature de celles-ci.

Peut-être avez-vous déjà entendu le fameux psaume de David où il est écrit : « Même si je passe par la vallée obscure, je ne redoute aucun mal, Seigneur, car tu m’accompagnes… » (Ps 23, 4 BFC). Que nous soyons croyants ou non, ce passage marque, entre autres, l’importance de ne pas être seul pour affronter nos épreuves. D’ailleurs, ceux qui connaissent bien Jonathan savent qu’il y a littéralement une armée derrière lui. Ce soutien peut venir de nos familles, de nos amis, de nos collègues et également de Dieu, mais il est absolument essentiel.

Nouvelles encourageantes

Dernièrement, le caporal Primeau a recommencé à marcher, un peu, à l’aide de béquilles, ce qui est une très bonne nouvelle. Gardons-le donc dans nos pensées ou dans nos prières, pendant qu’il poursuit sa lutte.

*Distrophie Musculaire Canada, « Maladie à Myosites. Page consultée le 28 mai 2018 : http://muscle.ca/wp-content/uploads/2012/11/Myositis_F.pdf%3CI>


 

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