Former les Autochtones à la vie militaire

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Un groupe de participants à la Base des Forces armées canadiennes de Bagotville. (Photo : Cpl Dominic Duchesne-Beaulieu)

Yves Bélanger, Servir

Depuis une quinzaine d’années, l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes (ELRFC) accueille deux fois par année des groupes d’Autochtones qui désirent mieux connaître la vie militaire et les perspectives de carrière au sein des Forces armées canadiennes (FAC).

Le Programme d'enrôlement des Autochtones des Forces canadiennes (PEAFC) est d’une durée de trois semaines. Le caporal-chef Pierre-Alexandre Lefebvre-Rivest, instructeur à l’ELRFC, a eu l’opportunité de travailler avec les jeunes Autochtones dans le cadre de ce programme au cours des deux dernières années. Il explique que ce séjour à la Garnison Saint-Jean est particulièrement chargé. « C’est très intensif, du matin au soir, et ce, sept jours sur sept. » Les participants font des exercices semblables à ceux effectués dans le cadre de l’instruction élémentaire, notamment les inspections matinales, les activités quotidiennes de conditionnement physique et de sport, l’orientation avec boussole et carte, le maniement élémentaire des armes ainsi que l’exercice militaire (drill).

Les participants du PEAFC se familiarisent avec les différents métiers qu’il est possible d’exercer au sein des FAC. « La dernière fois, ils ont eu la chance de se rendre à Bagotville pour mieux connaître l’Aviation royale canadienne. À Montréal, ils ont visité le Navire canadien de Sa Majesté Donnacona pour découvrir la Marine royale canadienne. Ils sont également allés à la base Valcartier pour en apprendre plus sur les métiers de combat. »

Rencontrée le printemps dernier, l’adjudant Melissa Du Prée, commandant de peloton à l’ELRFC, précisait que tout au long de leur passage à la Garnison Saint-Jean, les participants ont la chance de découvrir l’histoire des Autochtones au sein des FAC. « Ces trois semaines leur permettent de se familiariser avec la vie miliaire et la profession des armes tout en conservant leur culture. Ils se rendent compte du pont qui existe entre les valeurs des FAC et les sept enseignements sacrés de la culture amérindienne. »

Le Cplc Lefebvre-Rivest poursuit en rappelant que le fait de participer à un tel programme permet aux jeunes Autochtones de sortir de l’isolement et de découvrir des façons de s’intégrer la société. « Ces jeunes ont en général une très bonne impression des FAC. Ils ont un grand respect pour les vétérans de leur communauté. »

Bien entendu, l’enrôlement des participants au PEAFC à la fin de leur passage à l’ELRFC est optionnel. Le Cplc Lefebvre-Rivest soutient toutefois que la majorité d’entre eux décident de faire le saut à la suite de leur séjour. « Il n’est pas rare que je croise dans les couloirs de la Méga des Autochtones que j’avais accompagnés lors de leur séjour de trois semaines », lance-t-il en précisant que depuis la mise en place du programme, environ 90 % des jeunes inscrits ont décidé de s’enrôler.

 

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