L’art de la résilience

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Lcol Jérémy Lajeunesse, commandant adj. du GS de la 2e Div CA, le Sgt Roberto Sforza, du SPVM et réserviste au Royal Canadian Hussars, Carl Coicou, de la Promotion de la santé, le Dr Dave Blackburn et le Capt Willem Dallaire, du QG de la 2e Div CA.

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Yves Bélanger, Servir

Le vendredi 28 septembre, l’équipe de la Promotion de la santé de la région de Montréal avait invité quatre conférenciers qui, par leurs témoignages et les données présentées, ont permis de comprendre un peu mieux le phénomène psychologique de la résilience.

Au nombre de ces conférenciers, le docteur Dave Blackburn, du département de Travail social de l’Université du Québec en Outaouais et ex-officier des Forces armées canadiennes, a entre autres parlé des stratégies d’adaptation de l’être humain. « Être résilient, c’est être capable dans l’adversité et dans la difficulté de continuer à grandir et à fonctionner. »

Il a également fait part de l’importance pour une personne de se sentir stimulée et compétente dans son milieu de travail. « Cela a un impact très positif sur la dépression et l’épuisement. »

De touchants témoignages

Le capitaine Willem Dallaire, du Quartier général de la 2e Division  du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est), a raconté avec une grande générosité les impacts que la guerre du Rwanda sur sa famille lorsque son père, le lieutenant-général Roméo Dallaire, est revenu au pays. « C’est à son retour que le Rwanda a vraiment commencé pour nous », a-t-il lancé en faisant référence aux conséquences de la blessure de stress opérationnel. « Une fois que le câlin a été fait à Dad et qu’on est retourné à la maison, on a vécu et subi tout ce qui s’est passé au Rwanda. »

Parmi les exemples, il a mentionné qu’il devait laisser son automobile à deux coins de rue de la maison pour ne pas troubler son père. « C’était une auto qui avait des taches de rouille. Cela lui rappelait les taches de sang qu’il y avait sur plusieurs autos là-bas. » Au fil de son témoignage, il a expliqué quelles ont été les soupapes qui lui ont permis de passer à travers ces années difficiles. « En ce qui me concerne, le football et la Réserve ont été ma résilience. »

S’accrocher

Le sergent de police et réserviste Roberto Sforza a pour sa part mentionné que lorsque des événements tragiques surviennent, il est essentiel de s’accrocher à quelque chose pour les surmonter. En 2005, il s’est retrouvé face à des accusations de brutalité policière à la suite de l’arrestation d’Anne-Marie-Péladeau. Il a expliqué à l’auditoire les impacts causés par cet événement et les conséquences du traitement qu’en ont fait les médias. « À un moment donné, j’ai pensé à mettre fin à mes jours pour arrêter cette souffrance. J’ai toutefois pensé à mon enfant qui venait de naître et à ma femme. Je me suis dit que je ne pouvais pas faire ça. » C’est à partir de ce moment que sa guérison s’est amorcée et qu’il a réussi à se reconstruire et à en sortir grandi.

Pour sa part, Manuel Pizzaro, agent de la Gendarmerie royale du Canada depuis 23 ans, a parlé de sa passion pour l’alpinisme et expliqué comment cette discipline lui a sauvé la vie. « J’ai vécu plusieurs incidents dans  ma carrière et cela a été mauvais pour ma santé. J’ai fait des erreurs de parcours que j’ai payé très cher, mais ce sont celles-ci qui m’amènent à être avec vous aujourd’hui. » Notons que celui-ci a entre autres gravi le mont Everest à deux reprises. Il a également développé une vision englobant l’escalade et les collectes de fonds dans le but de servir une œuvre de bienfaisance.

 

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