Reconnaître la blessure invisible

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La conférence du lieutenant-général (ret) Roméo Dallaire était diffusée simultanément via Internet. (Photo : capture d’écran)

Yves Bélanger, Servir

Le jeudi 4 octobre, le lieutenant-général (ret) Roméo Dallaire était l’invité de l’Institut des études internationales de l’UQAM. Au cours de sa conférence, le militaire retraité a insisté sur l’importance de reconnaître la blessure de stress opérationnel au même titre que la blessure physique. Quelque 350 personnes étaient sur place pour l’écouter alors que 3 000 autres l’ont suivi par webdiffusion en direct.

En présentant différents exemples tirés du drame qu’il a personnellement vécu au cours de la guerre civile du Rwanda il y a près de 25 ans et les impacts négatifs importants que cela a créés dans sa vie, l’ex-militaire souhaitait sensibiliser les gens à la blessure de stress opérationnel. « Cette blessure invisible peut être fatale chez les anciens combattants et les premiers intervenants. Elle doit être traitée avec la même urgence qu’une blessure physique, car elle va au-delà du traumatisme individuel et elle fait des ravages chez la personne qui en souffre. Et ce n’est pas juste les personnes atteintes qui vivent une détresse profonde, mais tout leur entourage. »

Pour lui, il est également clair que personne ne doit considérer une blessure de stress opérationnel comme un déshonneur. « Ce n’est pas une maladie, mais une blessure qu’il faut soigner. C’est tout aussi honorable qu’une blessure physique subie lors d’un conflit. »

Il a rappelé l’importance pour les gens qui souffrent d’aller chercher de l’aide, de ne pas rester isolés. « C’est un mal qui ultimement tue. Il faut absolument trouver un intervenant ou un pair qui saura écouter et, s’il le faut, il faut aussi accepter de prendre de la médication. »

Les militaires ne sont pas les seuls qui peuvent souffrir un jour de la blessure de stress opérationnel. « Elle peut autant toucher les ambulanciers, les policiers ou les agents des services correctionnels. » En fait, tous ceux qui sont témoins d’atrocités, de ce que l’être humain ne devrait jamais avoir à vivre ou à être témoin, sont à risque.

Rappelons que le Lgén (ret) Dallaire consacre depuis plusieurs années beaucoup de temps à la sensibilisation à la blessure de stress opérationnel. ?Il concentre également ses énergies à son organisme humanitaire,  la <I>Roméo Dallaire Child Soldiers Initiative<I> afin de trouver des moyens novateurs d’aider les gouvernements partout dans le monde à mettre fin à l'utilisation des enfants soldats.

 


 

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